3,6 millions de ruptures de CDI chaque année. Mais combien ouvrent vraiment droit au chômage ? La règle n’a rien d’automatique et, derrière les chiffres, se cache une mécanique redoutablement sélective pour qui envisage de quitter son poste.
Chômage après une démission : ce qu’il faut vraiment savoir
Rompre un CDI n’a rien d’anodin. Sauter le pas ne signifie pourtant pas que France Travail prendra systématiquement le relais. Toucher les allocations chômage après une démission, c’est tout sauf automatique : il existe des conditions précises, encadrées par des textes qui ne laissent peu de place à l’approximation.
Certains cas s’imposent d’eux-mêmes : accompagner un conjoint muté, partir à cause de salaires non versés ou pour fuir un harcèlement reconnu. Depuis 2019, autre option : rebattre les cartes de sa carrière avec un projet de reconversion. Quitter son poste en CDI pour changer de voie reste possible… à condition de justifier cinq années d’ancienneté et de présenter un projet solide à une commission régionale. Sans leur feu vert, pas de versement d’allocation.
Le tout repose sur la convention chômage : France Travail contrôle la cohérence du projet, vérifie le sérieux du parcours et s’assure de l’engagement réel dans la recherche d’emploi. Le montant des droits dépend du passé professionnel et de la rémunération précédente.
Pour avoir une vue claire des points à surveiller, il convient de garder en tête ces différentes situations :
- Démission légitime : uniquement dans les cas prévus par la réglementation
- Projet de reconversion : un projet solide, documenté et validé est obligatoire
- Indemnisation France Travail : basée sur les droits acquis, sous réserve de remplir toutes ses obligations
La moindre négligence, un justificatif oublié, et l’indemnisation s’évapore. À chaque étape, la rigueur prime.
Dans quels cas une démission ouvre-t-elle droit aux allocations chômage ?
Quitter un CDI n’offre jamais un accès direct aux allocations de France Travail. Seules les démissions qualifiées de légitimes permettent d’y prétendre, et la liste n’a rien d’exhaustif. La logique : il faut que le départ soit contraint ou relève d’une raison sérieusement reconnue.
Pour mieux cerner les droits, voici les principaux motifs retenus :
- Accompagner un conjoint ou une conjointe amené à déménager pour son travail ou à prendre un nouvel emploi dans un autre secteur géographique
- Quitter son emploi en raison de salaires impayés ou pour échapper à un harcèlement prouvé
- Se lancer dans une reconversion ou la création d’une société, si cette démarche a reçu l’accord du conseil en évolution professionnelle et d’une commission régionale
La rupture conventionnelle échappe à cette logique. Elle repose toujours sur un accord entre l’employeur et le salarié, et ouvre systématiquement droit aux allocations chômage, aucune justification particulière n’est exigée, contrairement à une démission.
Depuis quelques années, la loi a élargi l’accès aux indemnités pour certains salariés démissionnaires qui prouvent la solidité de leur plan de reconversion ou de création d’entreprise. Cela reste soumis à un contrôle strict par les instances régionales compétentes.
Des situations particulières, comme la rupture d’un CDD à cause d’une faute grave de l’employeur, un déménagement obligatoire ou d’autres impondérables reconnus, existent aussi. Mais chaque dossier est minutieusement étudié avant toute ouverture de droits.
Les démarches à suivre pour faire valoir vos droits
Après la rupture du contrat, il est impératif d’entamer les démarches sans attendre auprès de France Travail. L’inscription comme demandeur d’emploi constitue le premier passage obligé : sans cette étape, aucune indemnité possible, même avec une démission légitime.
Il faut constituer un dossier complet. Attestation employeur, bulletins de salaire, contrat de travail, lettre de démission, convention de rupture si besoin… Pour justifier une reconversion ou une création d’entreprise, prévoir aussi le projet approuvé par le conseil en évolution professionnelle et la décision favorable de la commission régionale. Ces éléments attestent du sérieux de la demande et conditionnent le versement des droits.
Attention au calendrier : il faut s’inscrire dans les douze mois suivants la rupture du contrat. Un entretien avec un conseiller France Travail est ensuite programmé. Il permet de vérifier l’éligibilité et de calculer le montant potentiel des allocations.
Aucun automatisme ici. Chaque document compte ; toute déclaration sera vérifiée. France Travail se réserve le droit de réclamer des compléments, voire de refuser le dossier si la convention chômage n’est pas strictement respectée.
Conseils pratiques et ressources pour ne pas passer à côté de vos indemnités
Pour que le droit à allocation ne vous file pas entre les doigts, chaque étape du parcours doit être soignée. France Travail examine en détail le sérieux du projet professionnel : une reconversion ou une création d’entreprise ne s’improvise jamais. Seul un dossier solide et validé par un conseil en évolution professionnelle tient la route.
Certains outils peuvent faire la différence. Le compte personnel de formation, par exemple, sert parfois à financer une partie du projet et appuie son sérieux. Les conseillers France Travail, eux, accompagnent dans le montage du dossier et rappellent les délais à ne pas négliger.
Quelques réflexes à adopter pour éviter les mauvaises surprises :
- Anticiper : prendre rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle le plus tôt possible, les délais peuvent s’étirer
- Conserver chaque preuve, chaque document relatif aux démarches, du premier contact jusqu’à la validation finale du projet
- Réagir vite après la rupture du contrat : l’inscription en tant que demandeur d’emploi doit suivre rapidement pour garantir la continuité des droits
La région de résidence ne bloque pas le droit à l’allocation, même si certains territoires proposent davantage d’accompagnement. Les sites officiels, guides et webinaires peuvent aussi faire la différence en cas de doute. À chaque étape, le moindre détail a son prix : toucher le chômage après une rupture de CDI demande constance et vigilance.
Changer de trajectoire en quittant son CDI ne relève jamais du hasard. Gagner le soutien de France Travail suppose méthode, patience et une attention sans faille. Sur ce chemin, la précipitation se paie cash : chaque droit s’arrache, dossier après dossier, et chaque étape franchie s’inscrit comme une victoire sur le doute.


